Ken Mayhew, président d’AFP Canada : Facilitateur des objectifs et de la vision des autres

Ken Mayhew

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Ken Mayhew est un des professionnels en développement de fonds les plus connus au Canada. Il a occupé le poste de conseiller principal du développement pendant plus de 20 ans à la Société canadienne de la sclérose en plaques, où il a conçu et lancé certains des programmes de collecte de fonds les plus novateurs au pays qui ont permis de créer une banque de près d’un million de donateurs et de recueillir 50 millions de dollars par année. Depuis les neuf dernières années, Ken est président-directeur général de la William Osler Health System Foundation, une fondation au service des 1,3 million de personnes qui vivent dans la région de Brampton et d’Etobicoke en Ontario. Il est activement engagé auprès de l’AFP depuis qu’il a entrepris sa carrière, ayant été entre autres président de la section de l’AFP du Grand Toronto, directeur fondateur d’AFP Canada et, au cours des trois dernières années, président du Comité des communications d’AFP Canada. En janvier 2021, Ken a entamé un mandat de deux ans à la présidence du conseil d’administration d’AFP Canada. Nous nous sommes entretenus avec lui pour savoir comment il entrevoit la prochaine année.

Occuper la présidence d’une organisation nationale est exigeant pour quiconque, en particulier lorsque cette fonction s’ajoute à votre travail de tous les jours. Comment en êtes-vous venu à vouloir être président d’AFP Canada?

J’ai l’immense chance de considérer mon travail de tous les jours comme une vocation plutôt qu’un simple emploi. Dans mes fonctions quotidiennes, je dirige une équipe exceptionnelle qui, en ce moment même, est sur la ligne de front de cette pandémie mondiale pour prendre soin des personnes en situation socioéconomique précaire. En tant que membre de la direction d’un hôpital responsable de veiller à la sécurité des 8 000 médecins, infirmières, employés et bénévoles d’Osler, je n’ai jamais été aussi conscient de l’importance de mon travail ni aussi humble face aux héros de tous les jours que je côtoie.

Cela ne veut pas dire que tout est rose – comme tout le monde, je connais aussi des journées difficiles. Mais depuis l’enfance, je ressens cette responsabilité d’améliorer les choses. Et je crois profondément en l’importance de l’AFP pour notre profession et notre communauté. De nombreux collègues de l’AFP sont des amis proches et des conseillers qui m’ont soutenu grâce à leurs encouragements et aussi leurs critiques. Tous m’ont rendu meilleur en tant que dirigeant et en tant que personne. Je crois également qu’AFP Canada, qui agit par l’intermédiaire et au nom de tous ses membres en tant que porte-parole de l’AFP d’un bout à l’autre du pays, est la seule à pouvoir défendre des positions fermes auprès du gouvernement fédéral pour les sensibiliser à l’importance de la collecte de fonds éthique. Dans le même temps, nous avons rédigé et continuerons à rédiger des mémoires sur des questions récurrentes telles que le coût de la collecte de fonds. J’y vois une occasion et un privilège extraordinaires.

Quels sont vos objectifs pour l’organisation à l’aube de votre mandat à la présidence?

Nos priorités consisteront à poursuivre sur la voie tracée pour nous par nos membres, notre plan stratégique et les prises de conscience de 2020. Nous devons être plus sensibles à la structure sociale dans laquelle nous travaillons et vivons, au stress qui pèse sur nos membres, qui s’inquiètent à raison de leur profession, et à nos 21 sections qui représentent l’AFP au Canada.

Nous y parviendrons en motivant une grande équipe diversifiée de bénévoles qui se concentrera sur des questions variées, allant du discours public sur la légitimité de notre profession aux efforts visant à fournir un financement durable aux organisations pour lesquelles nous travaillons. La transparence de l’AFP quant à son fonctionnement et à la composition de sa cohorte de bénévoles est également à l’ordre du jour. J’ai fixé six objectifs SMART [stratégiques, mesurables, atteignables, réalistes et limités dans le temps] à l’appui de cette démarche et je ferai de mon mieux pour concrétiser la promesse de nos ambitions collectives.

Pensez-vous que l’inégalité dans la distribution de la richesse et l’injustice raciale dont nous avons été témoins en 2020 – pensons à la pandémie et aux manifestations qui ont suivi le meurtre de George Floyd – ont changé ou vont changer la façon dont les professionnels en collecte de fonds voient leur travail?

Le meurtre de George Floyd est bouleversant et demeure un geste indéfendable. Les manifestations contre l’injustice et le racisme systémiques nous ont ouvert les yeux sur des enjeux que nous ne pourrons plus ignorer. Aucun d’entre nous ne vivra ni ne travaillera plus tout à fait comme avant. En même temps, la notion traditionnelle de philanthropie elle-même implique un profond déséquilibre de pouvoir entre le donateur et la personne qui sollicite le don. Je m’interroge sur la source des dons et la motivation des donateurs comme jamais auparavant.

Selon vous, quelle est la différence entre occuper la présidence d’un conseil d’administration et siéger à titre de « simple » membre du C.A.?

Je me considère comme une personne qui a une bonne écoute et un bon sens de la collaboration. Mon rôle de président consistera à être le facilitateur des objectifs et de la vision des autres membres du conseil d’administration. Compte tenu de la qualité des administrateurs qui ont été recrutés et du judicieux travail accompli par mes prédécesseurs, dont Paula Attfield, je suis très enthousiaste à l’idée qu’AFP Canada puisse réellement contribuer à changer les choses. Je suis reconnu comme quelqu’un qui agit pour concrétiser les idées et mon rôle de bénévole consiste à rendre service et à amplifier les résultats, et non à servir mes propres intérêts.

Quels sont, selon vous, les grands défis et enjeux auxquels font face les professionnels en collecte de fonds aujourd’hui?

Les pandémies simultanées auxquelles nous faisons face en ce moment, à savoir l’injustice, le racisme et la COVID‑19, et la probabilité qu’elles déstabilisent l’écosystème dans lequel nous travaillons, sont à mes yeux les grands enjeux actuels. À mon avis, certains changements sont positifs et étaient nécessaires. Face aux nouvelles structures et contraintes économiques et sociales, il sera important de maintenir notre élan et de continuer à faire preuve de résilience. Dans ce contexte, je pense que l’AFP a un rôle, peut-être le rôle clé à jouer dans la création d’un sentiment d’appartenance pour ceux gagnent leur vie dans le domaine de la collecte de fonds.

Quel sera votre principal défi en tant que nouveau président d’AFP Canada?

Veiller à créer des effets concrets et pertinents dans ce contexte particulier de pandémies graves et complexes qui sévissent simultanément.

Qu’est-ce qui vous réjouit le plus à l’idée d’entamer votre mandat?

Bâtir à partir du travail accompli et des fondations laissées par nos prédécesseurs.

Un enseignement que vous pouvez appliquer dans ce rôle?

Je suis un être imparfait dans le cheminement de toute une vie pour apprendre, grandir et m’améliorer.

Quels livres lisez-vous en ce moment?

En ce moment, je lis Pour ne pas disparaître : pourquoi nous avons besoin de la sagesse ancestrale, de Wade Davis. J’ai aussi lu récemment Go Wild, de John J. Ratey MD, Indomptée, de Glennon Doyle, Devenir, de Michelle Obama, Fragilité blanche : ce racisme que les Blancs ne voient pas, de Robin DiAngelo, Winners Take All, d’Anand Giridharadas, Comment devenir antiraciste, d’Ibram X. Kendi, et American Dirt, de Jeanne Cummins. Et je relis régulièrement mon ouvrage préféré de tous les temps, L’Amour aux temps du choléra, de Gabriel García Márquez. Outre cela, gracieuseté d’un long trajet aller-retour entre la maison et le bureau, j’écoute ma dose quotidienne de balados.

Avez-vous un message pour les membres de l’AFP?

Ce que vous faites est important. La manière dont vous le faites est plus importante encore. Utilisez les nombreuses ressources humaines et documentaires ainsi que les diverses perspectives offertes par AFP Canada pour laisser votre marque au sein de votre organisation, au sein de votre collectivité et dans le monde. Si vous avez réussi à le faire, aidez quelqu’un qui, malgré tous ses efforts, n’y est pas encore parvenu.

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