Maintien des salaires, mais légère baisse du salaire médian des professionnel.le.s en collecte de fonds au Canada : aperçu des résultats de l’enquête de l’AFP sur la rémunération et les avantages sociaux
Les salaires des professionnel.le.s en collecte de fonds au Canada sont demeurés relativement stables en 2024, le salaire moyen ayant peu changé, mais le salaire médian ayant légèrement baissé. C’est ce qui ressort du Rapport sur la rémunération et les avantages sociaux 2025 de l’AFP.
Le salaire moyen des professionnel.le.s en collecte de fonds au Canada en 2024 s’élevait à 98 376 $, soit une très légère baisse de 0,1 % par rapport à 2023 (98 487 $). Cependant, le salaire médian, qui est indicateur plus précis du revenu de la plupart des professionnel.le.s en collecte de fonds, a baissé de 3 %, passant de 90 000 $ à 87 275 $. Cela pourrait s’expliquer par le fait que les salaires élevés ont aidé à maintenir la moyenne, et que les collecteur.trice.s de fonds de niveau intermédiaire ont été touchés par une tendance à la baisse des salaires.
Il est toutefois important de souligner que ces résultats sont basés sur environ 300 réponses recueillies auprès de professionnel.le.s en collecte de fonds au Canada et qu’ils ne sont donc pas nécessairement représentatifs de l’ensemble du secteur.
La forte proportion de cadres supérieurs ayant participé à l’enquête est un autre facteur qui pourrait avoir eu une incidence sur le déclin du salaire médian, mais le maintien du salaire moyen. En effet, 11 % des répondant.e.s étaient des PDG, 28 %, des directeur.trice.s du développement et 24 %, des responsables des dons majeurs, des dons planifiés ou des dons d’entreprises et de fondations. Ces postes de haut niveau sont généralement mieux rémunérés, ce qui peut faire grimper la moyenne, même si la majorité des professionnel.le.s en collecte de fonds, en particulier les personnes qui occupent des postes de niveau intermédiaire ou qui sont en début de carrière, gagnent moins.
Parité salariale entre les sexes et réalités sous-jacentes
Fait intéressant, l’écart salarial entre les sexes au Canada est favorable aux femmes selon les données recueillies, ces dernières déclarant un salaire moyen de 98 168 % comparativement à 97 412 $ pour les hommes. Cette situation contraste avec celle des États-Unis, où le salaire moyen des hommes s’élevait à 110 753 $ contre seulement 93 792 $ pour les femmes, soit un écart salarial de quelque 18 %.
Ce résultat pourrait s’expliquer en partie par le fait que les femmes représentaient une large majorité des répondant.e.s à l’enquête (83 % contre 17 % d’hommes), limitant ainsi la taille de l’échantillon pour les salaires des hommes.
On note par ailleurs une grande variation selon les sexes en ce qui concerne les congés pris pour des raisons familiales ou de santé personnelle. Parmi les répondant.e.s :
- 10,1 % des femmes ont pris des congés pour élever leurs enfants, comparativement à 0,9 % des hommes;
- 5,1 % des femmes se sont absentées pour prendre soin de membres de leur famille, comparativement à 0,5 % des hommes;
- 12,4 % des femmes ont pris des congés de maladie, comparativement à 1,4 % des hommes.
Solides avantages sociaux et autres avantages concurrentiels
Les professionnel.le.s en collecte de fonds au Canada jouissent de solides avantages sociaux, surtout par rapport à leurs homologues aux États-Unis :
- 97 % des répondant.e.s ont déclaré qu’ils bénéficiaient d’une assurance maladie ou d’un remboursement des frais de santé;
- 94,9 % bénéficiaient d’une assurance de soins dentaires;
- 88,9 % bénéficiaient d’une assurance pour les soins de la vue;
- 91,4 % avaient des options de protection d’assurance pour leurs personnes à charge;
- 58 % pouvaient bénéficier d’un compte gestion-santé (comparativement à 32 % aux États Unis);
- 70 % obtenaient un téléphone cellulaire ou une allocation pour leur forfait (comparativement à 43 % aux États-Unis).
Seuls 3,2 % des Canadien.ne.s ayant participé à l’enquête ont déclaré ne bénéficier d’aucune assurance maladie.
En matière d’aide à la retraite :
- 89 % des professionnel.le.s en collecte de fonds du Canada ont déclaré avoir accès à un régime de retraite;
- 42 % ont dit bénéficier d’un régime de retraite à prestations déterminées;
- 37 % ont déclaré que leur employeur proposait un régime enregistré d’épargne-retraite.
Ces avantages sont restés stables en 2024, seulement 13 % des répondant.e.s ayant signalé une augmentation des cotisations de leur employeur.
Parmi les autres avantages courants, citons les ordinateurs portables (déclarés par plus de 75 % des répondant.e.s) et le soutien pour la garde des enfants (5,8 %).
Primes et congés payés
Quelque 15,5 % des répondant.e.s ont déclaré toucher des primes, dont le montant médian était de 6 731 $. Parmi ces répondant.e.s :
- 43 % ont précisé que les primes étaient liées à des objectifs de l’organisation ou de leur service;
- 11 % liaient les primes au rendement individuel;
- 46 % ne savaient pas comment les primes étaient calculées ou ont mentionné d’autres méthodes.
En ce qui concerne les congés payés :
- Les répondant.e.s ont déclaré recevoir en moyenne 20,7 jours de vacances (sans compter les jours fériés);
- Le nombre médian de congés payés s’élevait à 9, un peu en deçà de la norme fédérale fixée à 10.
Un bon nombre de répondant.e.s ont également fait mention d’autres types de congés payés, comme les congés de santé mentale ou de bien-être, les vendredis de congé pendant l’été ou les congés compensatoires.
Titres de compétence et supervision
- 27 % des répondant.e.s canadiens détiennent le titre de compétence CFRE (Certified Fund Raising Executive).
- 58 % ont déclaré relever d’une femme, 23 % d’un homme, et 13 % d’un conseil d’administration, ce qui correspond aux données des années précédentes et à celles des États-Unis.
Stabilité et perspectives d’emploi
Seulement 58,5 % des professionnel.le.s en collecte de fonds au Canada ont dit avoir l’intention de rester au sein de leur organisation actuelle, comparativement à 75,9 % de leurs homologues américains. Ces données laissent supposer une hausse du niveau d’insatisfaction au travail et d’épuisement professionnel, qui s’avère une préoccupation constante dans le secteur à but non lucratif ou, sous un angle plus positif, qui souligne un désir d’évolution professionnelle.
Perspectives pour l’avenir :
- Quelque 76 % des professionnel.le.s en collecte de fonds au Canada s’attendent à une augmentation de salaire en 2025;
- Environ 24 % ne s’attendent à aucun changement;
- Seulement 1 % des répondant.e.s anticipent une diminution de salaire.
Géographie et démographie
- La rémunération était la plus élevée en Ontario, suivie de la Colombie-Britannique et de l’Alberta.
- Quelque 15,4 % des répondant.e.s se sont identifiés comme appartenant à une race ou une ethnie autre que blanche ou caucasienne. Cependant, le taux de réponse était trop faible pour permettre des comparaisons salariales pour les minorités visibles telles que définies par Statistique Canada.
Conclusions
Le Rapport sur la rémunération et les avantages sociaux 2025 de l’AFP (disponible en anglais seulement) dresse un portrait utile des tendances en matière de rémunération, d’avantages sociaux et d’expériences en milieu de travail des professionnel.le.s en collecte de fonds au Canada. Les salaires sont demeurés relativement stables dans l’ensemble, mais la baisse du salaire médian, la diminution du taux de maintien en poste et les différences entre les sexes en matière de congés témoignent des défis persistants auxquels fait face la profession.
Cela dit, les solides avantages sociaux, les régimes de retraite et les perspectives d’augmentations salariales laissent entrevoir une bonne résilience du secteur.
Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. Ils sont basés sur un échantillon plutôt limité d’environ 300 répondant.e.s qui ne reflète peut-être pas pleinement la diversité et la complexité du travail de collecte de fonds au pays.
Dans l’ensemble, les données indiquent que la profession est en pleine mutation. L’évolution du secteur de la collecte de fonds doit s’accompagner d’une évolution du débat sur la rémunération, l’équité et la pérennité des personnes qui concrétisent la mission des organismes de bienfaisance.