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Hausse du revenu, mais baisse du salaire moyen en 2019

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La plupart des professionnels en collecte de fonds sont satisfaits de leur emploi actuel, mais ils sont préoccupés quant au temps consacré à la collecte de fonds et quant à l’engagement des membres du conseil d’administration
 

Ottawa (Ontario) - Le salaire moyen en collecte de fonds en 2019 au Canada était en baisse de 5 %, mais 70 % des professionnels dans le domaine ont connu une hausse de leur revenu et la majorité d’entre eux demeuraient satisfaits de leur emploi dans l’ensemble, révèle le rapport sur la rémunération et les avantages sociaux de 2020 (2020 Compensation and Benefits Report) de l’Association of Fundraising Professionals (AFP, Association des professionnels en philanthropie).

Le rapport a été produit à partir des réponses fournies par près de 650 membres de l’AFP de partout au Canada à diverses questions portant sur le profil général de leur organisation, leur poste, leur salaire et les avantages sociaux qu’ils obtiennent (assurance médicale, assurance-maladie, régime de retraite et autres avantages indirects généraux) ainsi que sur les perspectives générales relativement aux activités de financement et à la culture en milieu de travail de l’organisation.

Le salaire moyen de l’ensemble des répondants en 2019 s’élevait à 86 876 $, une baisse de 5,4 % par rapport à la moyenne de 2018 (91 547 $). Le salaire médian s’établissait à 80 000 $ en 2019, tout comme en 2018.

Les salaires plus élevés pouvant fausser les résultats, nous avons retiré les salaires se trouvant dans le 5 % supérieur et avons obtenu des résultats plus nuancés : une baisse de 2,9 % du salaire moyen, et un salaire médian en 2019 (78 000 $) identique à celui de 2018.

Le salaire médian de 80 000 $ en 2019 se compare aussi favorablement au revenu médian des ménages canadiens, qui s’établit à 76 211 $.

Le quart supérieur des répondants sur l’échelle salariale ont gagné plus de 103 875 $ en 2019 (75e percentile), le quart inférieur, 61 000 $ ou moins.

« Après deux ans de fortes hausses salariales – 16 % en 2017 et 7 % en 2018 –, nous avons assisté à une baisse des salaires au Canada », déclare Mike Geiger, MBA, CPA, président et directeur général de l’AFP. « S’agit-il d’une simple correction de l’augmentation des dernières années? Difficile à dire, mais je me réjouis du fait que 70 % des répondants aient vu leurs revenus augmenter l’an dernier. De plus, il est intéressant de constater que le salaire médian des professionnels en collecte de fonds dépasse le revenu médian des ménages canadiens par près de 5 000 $. À mes yeux, ce chiffre démontre aux jeunes et à tous ceux qui entament une carrière dans la profession qu’ils peuvent avoir un revenu supérieur à la médiane tout en ayant une carrière satisfaisante et enrichissante qui contribue à rendre le monde meilleur. C’est un message que nous tâcherons de véhiculer davantage à l’avenir. »

Quarante-quatre pour cent (44 %) des personnes interrogées disent avoir connu une hausse de leurs revenus de 1 à 3 % en 2019, tandis que 26 % ont déclaré une hausse salariale de 4 % par rapport à 2018. Par ailleurs, le salaire est demeuré le même pour 24 % des répondants et seulement 6 % ont connu une baisse de leur rémunération.

Environ 30 % des participants sont d’accord pour dire leur organisation « indique explicitement que l’atteinte des objectifs de rendement fixés sera un facteur déterminant pour offrir une augmentation de salaire ». Il s’agit d’une baisse, bien que statistiquement non significative, par rapport aux années précédentes, où la proportion de personnes déclarant obtenir une rémunération liée au rendement était de 33 %.

En 2019, le salaire moyen des hommes professionnels en collecte de fonds en 2019 s’établissait à 99 489 $, comparativement à 83 963 $ pour les femmes, soit 15,6 % de moins. Des études antérieures de l’AFP ont révélé que 10 % de cet écart salarial entre les hommes et les femmes était imputable au sexe. Parmi les autres facteurs expliquant la différence des salaires, mentionnons les années d’expérience dans le domaine et la taille de l’organisation pour laquelle travaille la personne œuvrant en collecte de fonds.

« C’est décevant de constater que cette différence de salaire entre les hommes et les femmes dans la profession de collecte de fonds persiste », soutient Paula Attfield, présidente d’AFP Canada. « Et la disparité est encore plus importante quand on tient compte de l’intersectionnalité – les femmes de couleur, par exemple, gagnent encore moins que leurs collègues. »

Près d’un quart (22 %) des participants à notre étude ont indiqué que leur race ou leur héritage ethnique était multiracial ou autre que la race blanche ou caucasienne. En moyenne, les Blancs/Caucasiens gagnaient 2,5 % de plus (86 389 $) que les personnes de couleur (84 295 $). Ce résultat est conforme aux données du rapport de l’an dernier, où la différence entre les salaires était négligeable d’un point de vue statistique.

« L’AFP s’efforce de remédier à l’inégalité salariale grâce à des mesures comme la divulgation de la fourchette des salaires dans le secteur de la bienfaisance », poursuit Mme Attfield. « Pour faire leur travail efficacement, c’est-à-dire collecter des fonds pour remplir la mission des organismes sans but lucratif pour lesquels ils travaillent, les professionnels en collecte de fonds doivent être rémunérés de manière juste et équitable pour le travail qu’ils accomplissent. Nous souhaitons que la tendance à la hausse des salaires se poursuive. »

Portrait des professionnels en collecte de fonds

La plus forte proportion des participants à l’étude étaient des chefs du développement (26 %). Venaient ensuite des responsables de collecte de fonds (24 %, surtout liés aux dons majeurs ou aux dons planifiés) et des gestionnaires de programmes de financement (17 %, généralement en lien avec le fonds annuel). Quelque 40 % des répondants n’avaient aucun subordonné, tandis que près d’un tiers en avait trois ou plus.

Le répondant moyen avait travaillé pour 3,7 employeurs en tant que professionnel en collecte de fonds. En outre, les participants comptaient en moyenne 4,9 années de service auprès de leur employeur actuel, 6,1 ans étant la période moyenne la plus longue passée chez un employeur.

Près d’un répondant sur trois (31 %) détenait la certification de Certified Fund Raising Executive (CFRE). Les titulaires du titre de CFRE ont dit avoir constaté que leur rémunération augmentait avec le nombre d’années d’expérience à un taux plus élevé que les personnes qui n’ont pas cette certification.

Satisfaction et défis au travail

L’enquête comportait plusieurs questions sur la satisfaction des professionnels en collecte relativement à divers aspects de leur organisation et de ses activités de financement. En général, au moins les deux tiers des répondants se sont dit satisfaits des résultats de collecte de fonds de leur organisation et des investissements qu’elle fait dans ce domaine. Par exemple, 84 % des répondants étaient satisfaits des compétences et des connaissances du personnel de collecte de fonds de leur organisation, 77 % étaient satisfaits de la priorité que leur président ou directeur général accorde à la collecte de fonds, et 72 % ont dit être satisfaits des technologies de collecte de fonds en place au sein de leur organisation.

Sur le plan de la satisfaction, les deux domaines suivants obtiennent le score le plus bas : temps que le personnel est en mesure de consacrer à la collecte de fonds (60 % de satisfaction), et niveau d’engagement des membres du conseil d’administration en matière de collecte de fonds (taux de satisfaction de 31 %).

« Les organismes sans but lucratif (OSBL) jouent un rôle essentiel dans la société, en particulier dans le contexte actuel de la pandémie de COVID‑19 », souligne Mme Attfield. « Ils répondent à des besoins auxquels le gouvernement n’est pas en mesure de répondre, qu’il s’agisse de soutenir financièrement le domaine des arts, d’aider les personnes malades ou de venir en aide aux familles qui vivent l’insécurité alimentaire, pour ne citer que quelques exemples. Tout cela est possible grâce aux professionnels en collecte de fonds qui orientent les donateurs vers ces causes. Les OSBL doivent reconnaître la valeur de ces gens et leur fournir l’espace nécessaire pour bien accomplir leur travail. »

Lors des cinq dernières études sur la rémunération et les avantages sociaux, en moyenne près des deux tiers des répondants (64 %) ont indiqué qu’ils avaient déjà songé à quitter leur emploi au cours de l’année, citant des motifs comme le désir d’avancement professionnel, des préoccupations au sujet du climat et du fonctionnement au sein de leur organisation et le désir de trouver un emploi correspondant à leurs valeurs et objectifs personnels et professionnels.

En 2019, 62 % des répondants ont dit avoir songé à quitter leur emploi, en hausse de huit points de pourcentage par rapport au taux de 54 % en 2018. Parmi ceux qui ont déclaré qu’ils pensaient à quitter leur organisation et à trouver un emploi ailleurs, 73 % ont indiqué être motivés par la possibilité d’obtenir un meilleur salaire, 65 %, par les possibilités d’avancement professionnel, et 57 %, par l’environnement de travail qui régnait au sein de leur organisation.

« Il est évident que les professionnels en collecte de fonds subissent une forte pression en ce moment pour générer toujours plus de revenus afin de pouvoir offrir des programmes essentiels à la collectivité », explique M. Geiger. « Dans le même temps, jamais la demande pour des professionnels en philanthropie et en collecte de fonds qualifiés n’a été aussi grande que maintenant et de nombreuses nouvelles personnes font leur entrée dans la profession. Ce sont des facteurs qui, à mon avis, contribuent au roulement de personnel, quoiqu’il soit important de souligner que des statistiques comme le nombre moyen d’années de service chez un employeur augmentent lentement au fil des ans. Nous devons donc bien comprendre le contexte global de ces chiffres – oui, il y a un roulement de personnel dans notre secteur, mais je ne pense pas que cela soit dramatique. Les organismes de bienfaisance doivent utiliser des ressources comme le rapport sur les rémunérations et les avantages sociaux pour comprendre comment maintenir en poste leur personnel de collecte de fonds. »

À propos de l’étude

Au total, 642 membres de l’AFP du Canada ont transmis des réponses valables avant la clôture de l’étude, ce qui correspond à un taux de réponse de 17,7 %. Le nombre de répondants varie d’une année à l’autre.

Les membres de l’AFP peuvent télécharger gratuitement le rapport sur la rémunération et les avantages sociaux de l’AFP 2020 sur le site Web de l’AFP au https://afpglobal.org/2020Report. (2020 AFP Compensation and Benefits Report, disponible en anglais seulement).

Les non-membres peuvent se le procurer au prix de 99 $ au lien suivant : https://www.pathlms.com/afp/courses/26051

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Depuis 1960, l’AFP est le modèle de professionnalisme en matière de collecte de fonds. L’Association s’attache à promouvoir l’efficacité et l’éthique dans le domaine de la philanthropie en offrant des possibilités en matière de défense des intérêts, de recherche, d’éducation, de mentorat, de collaboration et de technologie au plus vaste réseau de professionnels en collecte de fonds dans le monde. Chaque année, les quelque 28 000 membres de l’AFP, dont plus de 3 500 au Canada, recueillent plus de 100 milliards de dollars pour soutenir un large éventail d’organismes de bienfaisance et diverses causes partout dans le monde. Pour de plus amples renseignements, rendez-vous au www.afpglobal.org.

 

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