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L’adaptation à la COVID à un prix

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Voici le deuxième d’une série d’articles occasionnels portant sur la façon dont les professionnel(le)s en philanthropie surmontent les défis posés par la pandémie de COVID 19. L’article qui suit traite de la façon dont les collecteurs de fonds ont dû s’adapter et du stress qu’ils ressentent.

Pour les collecteurs de fonds, la dernière année – l’année de la pandémie – se résume à une année où il y a eu de nombreux succès, bien sûr, mais aussi énormément de bouleversements, beaucoup d’adaptation ainsi qu’un grand stress et des pertes importantes.

Les lieux de travail ont été déplacés et les programmes de collecte de fonds, dans bien des cas, doivent être gérés de manière un peu improvisée.

À Kelowna, en Colombie-Britannique, Mischa Mueller, CFRE, est directeur de la philanthropie à la Fondation de l’hôpital général de Kelowna et président de la section d'Okanagan. Lorsque la pandémie a frappé, leur attention s’est tournée vers l’intendance et, en tant qu’hôpital, ils ont pu être une ressource sur la COVID pour les donateurs en leur transmettant de l’information à jour et fiable au sujet de la pandémie.

« Nous avons fait du télétravail en mars et avril, mais nous avons évité le pire de la crise durant l’été et nous avons commencé à nous sentir en sécurité, comme sur une petite île », explique-t-il. « Puis, en novembre, les cas de COVID dans notre région ont commencé à augmenter. Je travaille à la maison depuis six semaines – et j’ai deux enfants en bas âge. »

« La pandémie de COVID a eu immédiatement une incidence sur nos programmes offerts sur place », déclare Daphne Carter, présidente de la section de l’AFP de la Nouvelle-Écosse et gestionnaire du développement au Musée canadien de l’immigration du Quai 21, à Halifax. « Le personnel du musée s’est adapté rapidement. Nous avons rehaussé notre offre numérique aux visiteurs, ce qui nous a permis de continuer à offrir nos programmes éducatifs et culturels aux Canadiens et aux Canadiennes de partout au pays. À l’automne, nous avons lancé une campagne de sollicitation par publipostage auprès des participants et des commanditaires de nos événements, et la réponse a été favorable. »

« À titre d’hôpital régional, nous comptons beaucoup sur les dons majeurs », déclare Mischa Mueller. « L’annulation de notre gala, que nous organisons tous les deux ans, mais nous pourrons l’organiser l’an prochain. Nous avions planifié une campagne majeure, mais nous avons prolongé l’étape de sollicitation et de confirmation de dons avant le lancement public. Et nous avons mené une mini-campagne axée sur l’urgence créée par la COVID‑19. Les donateurs ont répondu à l’appel et se sont montrés à la hauteur pour soutenir les travailleurs de première ligne. En ce qui concerne les dons majeurs, je ne pense pas que nous ayons été touchés très durement, et nous avons saisi l’occasion pour établir et renforcer des relations. »

« La pandémie est survenue au moment où nous augmentions notre personnel en prévision de la saison touristique », explique Daphne Carter. « Ces plans ont été abandonnés, mais nous avons heureusement pu poursuivre nos activités avec les effectifs habituels, en télétravail, en misant sur les possibilités numériques telles que les visites virtuelles et en poursuivant les projets de recherche et d’exposition. »

La gratitude et l’intendance sont très présentes dans de nombreuses organisations, y compris celles de Mischa Mueller et de Daphne Carter.

« Durant la pandémie, nous avons gardé le contact avec nos donateurs pour prendre de leurs nouvelles et leur fournir des mises à jour pour promouvoir nos expositions et nos programmes », souligne Mme Carter. « Comme les donateurs ont moins d’occasions de venir nous voir en personne, l’édition d’été de notre bulletin à l’intention des donateurs a été plus personnalisée et avait pour thème la gratitude. Les donateurs ont pu entendre directement les personnes qui dirigent nos programmes. Chaque article était empreint de gratitude à l’égard de leur soutien constant et de ce qu’il permet d’accomplir. »

« La campagne axée sur les accidents vasculaires cérébraux que nous planifiions lancer s’est transformée en campagne de gratitude », déclare M. Mueller. « Dans le cadre de cette “campagne du cœur blanc”, nous avons recueilli les vœux de la collectivité à l’intention du personnel. Et nous avons fait appel à un photographe local réputé qui a pris des photos des membres de notre personnel. Nous avons ressenti beaucoup de satisfaction à être un vecteur de gratitude envers les donateurs et de la part des citoyens. »

Andrea Wright, MBA, est directrice générale de la Fondation de la police de Vancouver, basée dans une ville qui a été durement touchée par la pandémie. Elle se concentre sur les donateurs majeurs dans le but de les fidéliser et d’augmenter le montant de leurs dons en misant sur le fait qu’ils sont à la maison en ce moment et qu’elle peut planifier des appels réguliers avec eux pour prendre de leurs nouvelles et leur fournir de l’information. La fondation a également réorganisé ses communications pour se concentrer sur les responsables des programmes et leurs bénéficiaires. Une nouvelle recrue au sein de l’organisation a pour mandat d’accentuer la présence de la fondation sur les médias sociaux.

« Des responsables des programmes, ainsi que des cadres du Service de police de Vancouver, participent maintenant aux activités d’intendance – envoi de lettres de remerciement, envoi de vidéos de remerciement, etc. », souligne Mme Wright.

« Nous avons aussi lancé une série d’entretiens virtuels intitulée “Café avec…” qui met les donateurs en contact avec des travailleurs de première ligne et leur fait découvrir leur travail au quotidien, qui est très différent de celui du citoyen moyen. »

Mme Wright dit que la Fondation de la police de Vancouver devrait atteindre, voire dépasser son objectif de financement cette année, mais ajoute qu’il y aura un prix à payer pour cela. Il a fallu prendre des décisions difficiles, comme celle de ne pas pourvoir un poste vacant. « Cela signifie que notre petite équipe a dû quadrupler d’efforts l’an dernier », souligne-t-elle. « Nous craignons tous l’épuisement professionnel. »

Nicole Hrehirchuk, présidente de la section du Manitoba de l’AFP et spécialiste en stratégie d’intendance des dons planifiés chez Vision mondiale Canada, est bien d’accord.

« J’ai toujours travaillé de la maison depuis mon arrivée à Vision mondiale, alors quand la pandémie a frappé, j’ai pu enseigner aux membres de l’équipe au bureau les mécanismes d’adaptation qu’il faut acquérir pour travailler à la maison », dit-elle. « Tout s’est bien passé pendant deux ou trois mois, mais aujourd’hui, c’est plus difficile pour bien des gens. Quand on travaille à la maison, il y a le stress lié au rythme de travail tout en s’occupant de la vie de famille, et la fatigue Zoom est bien réelle. »

Mme Hrehirchuk constate que de nombreuses organisations réduisent le personnel de collecte de fonds pourtant si essentiel. L’adhésion à la section du Manitoba de l’AFP a chuté, passant de 220 membres à seulement 157 au cours des neuf derniers mois seulement.

« Nous n’entendons pas parler de nos membres de l’AFP autant que nous le souhaiterions. Le réseautage est si important de nos jours, surtout pour les personnes qui ont perdu leur emploi. Je veux qu’elles sachent qu’elles peuvent compter sur nous. Nous essayons d’adapter nos possibilités et nos ressources de perfectionnement professionnel au contexte actuel. »

Elle ajoute qu’« en ce qui concerne les gens qui travaillent à la maison, il ne faut pas présumer qu’ils vivent tous la même situation. Lorsque vous ajoutez à cela les facteurs de stress liés à la collecte de fonds, ce n’est pas toujours facile. »

Chantal Gélinas, CFRE, directrice des dons exceptionnels et conseillère spéciale du recteur à l’Université de Montréal, mentionne que certains de ses collègues de Montréal souffrent vraiment du fait de devoir travailler de la maison depuis le début de la pandémie en mars 2020, de vivre dans des petits espaces ou d’avoir à s’occuper des enfants tout en gérant une situation professionnelle de plus en plus stressante.

« Notre façon de travailler va-t-elle changer à jamais? » se demande-t-elle. « Les gens vont-ils continuer à faire du télétravail parce que ça coûte moins cher que de louer des bureaux? Selon moi, certaines organisations feront les deux – partage de bureaux et télétravail. Dans le cas des organismes de bienfaisance qui n’auront plus les moyens de louer des bureaux, je crains que les professionnels de la collecte de fonds fassent les frais de ces décisions. »

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