Le conflit de travail à Postes Canada et les mesures que vous pouvez prendre dès maintenant
L'année dernière, Canada Helps a estimé que le conflit de travail à Postes Canada avait causé une perte d'environ 266 millions de dollars à notre secteur. C'est pourquoi Aaron Sanderson, président du comité des relations gouvernementales de l'AFP Canada, encourage les membres de l'AFP à élaborer immédiatement des stratégies d'atténuation.
En même temps, Aaron note que « le conflit de cette année est très différent de celui de l'année dernière. Les réformes majeures annoncées le 25 septembre par le gouvernement comprennent l’élimination de la distribution à domicile, un changement fondamental dans le système postal qui aurait un impact massif et brutal sur les opérations de collecte de fonds dans l'ensemble du secteur ». Le syndicat a appelé à une grève nationale en réponse aux propositions du gouvernement.
État des négociations (au 7 octobre 2025)
Les négociations entre Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) paraissent au point mort. Le syndicat a rejeté les offres précédentes, notamment une augmentation salariale de 13 %, invoquant des préoccupations liées à la sécurité d'emploi et à la détérioration des services. Postes Canada affirme avoir perdu 841 millions de dollars l'année dernière et avoir eu besoin d'un prêt d'un milliard de dollars du gouvernement plus tôt cette année pour rester à flot. Postes Canada a présenté une nouvelle offre le vendredi 3 octobre, qui est actuellement examinée par le syndicat.
Mesures à prendre dès maintenant
Amy Pawluk, ancienne membre du conseil d'administration de l'AFP Canada et directrice de l'exploitation chez Blakely, reconnaît que « c'est une période difficile pour les organismes de bienfaisance. C'est la deuxième année de suite que nous entrons en fin d'année avec une grève postale. » Sans indication claire sur la durée de l'arrêt de travail, Amy explique que son équipe travaille individuellement avec chaque client afin d'atténuer la perte de revenus et de proposer des scénarios permettant de prendre des décisions éclairées. « Grâce à l'attention que nous portons depuis longtemps aux stratégies numériques, nos clients sont bien équipés pour relever avec confiance les défis posés par une grève postale. »
Bien que la situation de chaque client soit unique, Amy a présenté quelques mesures que les organismes de bienfaisance peuvent prendre immédiatement. Comme point de départ, s'assurer que leur site Web affiche un message bien visible sur la nécessité continue du soutien des donateurs, l'impact de la grève et encourager les donateurs à faire leurs dons en ligne ou en personne. Amy note que certains de ses clients augmentent leurs investissements dans la communication par courriel et leurs dépenses médiatiques, tout en envisageant des plans d'urgence pour le publipostage au cas où le service postal reprendrait rapidement.
Paula Attfield, PDG de ST et ancienne présidente de l'AFP Canada, partage les préoccupations d'Amy. « Le moment ne pourrait être pire. Les campagnes d'automne, Mardi je donne, et les appels aux dons pour les fêtes approchent à grands pas. » Paula souligne que le publipostage reste un outil essentiel pour de nombreux organismes de bienfaisance. Certains y en dépendent pour récolter des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars à la fin de l'année. Le courrier reprendra à un moment donné, mais cela pourrait prendre encore trois ou quatre semaines.
Du côté positif, Paula indique que bon nombre de nos donateurs, y compris les générations plus âgées, ont beaucoup appris depuis la pandémie et la grève précédente à payer leurs factures, à faire des achats et à faire des dons en ligne. Paula encourage les organismes de bienfaisance à communiquer avec leurs donateurs en ligne et par courriel pour leur faire part de leurs activités et de l'impact de la grève. « Les organisations qui réussissent sont celles qui communiquent de manière honnête et sincère. Nous devons nous concentrer davantage sur notre mission et exploiter les histoires émouvantes qui y sont associées. »
Paula partage un certain nombre de stratégies autour du numérique, du téléphone et du renforcement de la résilience que les organismes de bienfaisance peuvent adopter pour se positionner à la fois pendant et après la grève. (Voir le site de ST – disponible en anglais seulement.)
Mais ne demandez pas à Aaron, Amy ou Paula quand cela aura lieu. « Nous n'avons pas de boule de cristal », déplore Amy.
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